Street fighteuse

Une arme de convivialité massive

La Carriole de l’association Madame Ruetabaga est un prototype de structure mobile, déplaçable à la main ou à vélo, permettant de déployer des actions d’éducation populaire et de convivialité dans l’espace public. Elle s’est révélée un outil précieux dans le travail de rue social et éducatif que mène Mme Ruetabaga à Grenoble, et peut servir comme modèle de base pour créer d’autres carrioles à l’attention d’organismes menant un travail similaire.

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Cahier des charges :

Celui-ci a été élaboré au fil de nombreux échanges au cours desquels se sont croisés des points de vue complémentaires : des exigences techniques, esthétiques, pratiques, pédagogiques ont été mises en avant. En voici quelques exemples :

  • Mobilité : la structure est déplaçable à la main ou remorquée par un vélo
  • Modularité : la structure de base peut accueillir des modules indépendants et interchangeables en fonction des besoins et envies du moment.
  • Ergonomie: la structure est adaptée à un public large (enfants, personnes âgées, personnes à mobilité réduites….). Il tient compte des notions de sécurité, d’hygiène et de respect de l’environnement.
  • Structuration de l’espace : le déploiement des différents modules permet de matérialiser un espace pratique et accueillant.
  • Identité visuelle: si la fonctionnalité et les nécessités pédagogiques priment, de l’ensemble de cette structure se dégage une esthétique capable d’éveiller un imaginaire collectif, et qui facilite son identification.

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L’objectif de la carriole est donc qu’elle puisse se déployer sur les espaces qu’elle fait vivre, qu’elle soit visible et qu’elle suscite la curiosité des passants. Elle doit dépasser le seul cadre de la structure roulante pour investir les éléments de son environnement. Sol, murs, poteaux, arbres… A elle seule, elle doit proposer un nouvel aménagement des places, squares, rues, galeries ou jardins qu’elle investira.

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Choix de Conception:

  • Le plan de travail en L
    La carriole est composée de deux plans de travail superposés. Grâce à un système de verrou et de pivot, le plan supérieur en inox, s’ouvre pour dessiner un espace de travail en «L». Ce L peut avoir une position ouverte sur l’espace public (pour un atelier collectif) ou définir un petit espace fermé à l’accès du public (pour tenir un stand sur un festival ou lors d’une fête des associations par exemple).
    Le plan de travail en inox est à hauteur de travail standard aux cuisines professionnelles. En dessous, trois tiroirs interchangeables accueillent les éléments indispensables à chaque ateliers.
    Le second plan de travail, en contre-plaqué vernis, est à la hauteur d’une table classique, et est plus adapté pour les travaux des enfants.

  • Les caisses comme mobilier urbain
    Sous les deux plans de travail, un espace libre peut accueillir plusieurs caisses fabriquées sur mesure, qui sont placées en début d’atelier sur le terrain à investir. Il y a trois emplacements qui peuvent accueillir chacun une grande caisse ou deux petites.

Dans le local de l’association, plusieurs caisses sont disponibles. On en choisit certaines pour les activités du jour. En voici quelques exemples:

  • Jeux d’éveil
  • Librairie
  • Caisse à outils
  • Réparation de vélo
  • Arts plastiques
  • Vaisselle/cuisine
  • Un poêle rocket (cuiseur à bois optimisé)
  • Un four solaire

Ces caisses peuvent être portées par une seule personne et sont aux proportion d’une assise. Elles sont colorées, dessinant ainsi un espace chaleureux et accueillant. Une de leur face est peinte avec de la peinture ardoise, ce qui permet de les utiliser comme tableau pour écrire et dessiner à la craie. Les enfants y posent leurs jeux, leurs sculpture. Les parents peuvent les aménager en salon extérieur, autour d’un thé préparé au feu de bois.

On peut également les empiler, pour définir des nouveaux espaces de travail, des limites, une étagère, un buffet, au gré des … envies et énergies !
La carriole comporte également un coffre fixe dont la porte amovible ,grâce à des pieds dépliables, peut constituer une table basse indépendante.

La carriole se prête donc à tous types d’interventions dans l’espace public. Elle pourra servir par exemple à animer des ateliers ludiques ou créatifs intergénérationnels, tenir une table de presse ou un infokiosque, servir de stand lors de festival , d’atelier mobile, de cuisine de rue

Optimisations possibles:

Le projet pourrait être retravaillé pour être réalisé en bois, sans recours à l’aluminium (matériau très énergivore à la fabrication). Une toile auvent montée sur une structure amovible pourra servir d’abri pour se protéger de la pluie et du soleil.

D’autres idées ?

Ce projet se base sur la modularité de la structure, de ses usages et de ses lieux d’implantation. La fonctionnalité est donc le point névralgique de la carriole. Des idées plus poétiques sont envisageables à souhaits.
D’autres pistes sont possibles : par exemple, travailler sur deux modules complémentaires plus légers et plus faciles à construire, tout en gardant le standard des caisses/mobilier.

 

Annexe technique

  • Longeur totale : 180 cm
  • Largeur: 68 cm + les roues
  • Structure primaire en aluminium
  • Plans de travail en contreplaqués et inox rivetés.
  • Roues de fauteuils roulants à l’arrière et roue et fourche d’un vélo pour l’avant
  • Dimensions caisses: 68/28/47 cm
  • Peintures tableaux noirs et acrylique finition vernis marin

Esquisses de projet

Ces plans représentent une étape du travail effectué. Le projet a ensuite évolué pour donner la carriole existante. Ils sont donnés ici à titre indicatif.

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