Pédagogie sociale, de quoi parle-t-on?

L’expression pédagogie sociale (créée par la pédagogue polonaise Helena Radlinska) exprime la volonté d’inscrire la pédagogie au cœur de la société et des rapports humains qui l’animent.

Se trouvant ainsi organiquement liée aux fonctions sociales de production/création et d’organisation politique, elle œuvre en même temps à l’émancipation sociale et au développement créatif de l’individu.

Issue des travaux de pédagogues comme Freinet, Freire, ou encore Korzcak, il ne s’agit pas d’un ensemble de techniques visant une meilleure performance éducative, mais plutôt de créer les conditions d’une réappropriation commune de la pédagogie elle-même. Elle se caractérise donc par une recherche constante d’autonomie, au travers de pratiques d’autogestion et de création collective, et en renforçant le pouvoir d’agir au niveau individuel et communautaire.

Reposant sur des principes d’universalité et de globalité, c’est dans les espaces publics délaissés qu’elle trouve son terrain de prédilection, invitant chacun et chacune à les réinvestir par le jeu, la création, la relation, l’expression, la production… pour finalement y faire milieu.

La pédagogie sociale se fonde également sur la rupture : elle rompt avec les schémas dominants qui cloisonnent les rapports sociaux, en créant des porosités entre les catégories normées d’âge, de sexe, d’origine… la finalité n’étant pas de relier des cages mais bien de s’en émanciper. De ce fait elle restitue aux enfants leur place d’être social à part entière, au lieu de les considérer uniquement comme des individus en devenir.

Elle fait rupture aussi en ce qu’elle crée le déséquilibre nécessaire au premier pas et à la rencontre, fissure les convenances de façade qui superficialisent les rapports sociaux en s’appuyant sur une dissymétrie de la relation pour tisser des liens durables et profonds.

(Pour aller plus loin, Mme RueTabaga anime des formations en pédagogie sociale).